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Qui est Nicole FONTAINE ?


Son itinéraire

Le sens de son engagement européen

Le sens de son engagement européen

(Extraits inédits de ses mémoires)

Le temps de la présidence du Parlement européen (1999-2002)

«C’est sans doute la part la plus inoubliable de ma vie en politique.
Nicole Fontaine
Les souvenirs qui donnent un sens à mon engagement

pour l’Europe, ce sont ces deux adolescents guinéens qu’on avait retrouvés morts de froid à Roissy, dans la soute du train d’atterrissage d’un avion en provenance de Conakry, quelques jours seulement après ma prise de fonction, qui rêvaient de l’Europe au point d’en mourir, et qui m’avaient interpellée dans un message poignant.

C’est mon premier déplacement, que j’avais voulu faire en Bosnie, dont le martyre avait été notre honte collective trop longtemps.

C’est le commandant Massoud, que j’avais invité à Strasbourg, avec la complicité du général Morillon, venant pour la première fois en Europe pour lui demander, non pas des armes, mais de ne pas se voiler les yeux sur la collusion entre les talibans et le terrorisme, et que les chancelleries européennes continuèrent de bouder, dans l’inconscience de ce qui se préparait, à six mois près, pour le 11 septembre 2001.

Ce sont ces trois femmes afghanes, voilées de la tête au pied dans leur burka sinistre, que j’avais également voulu recevoir à Strasbourg, pour qu’elles puissent crier leur enfermement.

C’est ma réprobation publique immédiate, au prix de heurter certains de mon propre groupe parlementaire, à la perspective d’un gouvernement d’un pays de l’Union, l’Autriche, qui serait composé pour moitié de représentants du parti d’extrême droite xénophobe de M. Haider.

C’est la dénonciation publique et répétée de la barbarie meurtrière de l’ETA, qui se perpétuait au pays basque, en Espagne, où je me suis rendue sept fois pour apporter à ce pays déchiré le soutien du Parlement.

C’est la venue simultanée à Strasbourg, devant le Parlement, du Président du conseil législatif palestinien et du président de la Knesseth, suivie, quelque temps plus tard, de la remise du prix Sakharov de la liberté, à un père palestinien dont le fils était mort d’un raid israélien, et à une mère israélienne, dont la fille avait périe victime d’un attentat palestinien, et dont le discours arracha les larmes de nombreux parlementaires.

C’est mon intervention à Jérusalem, devant la Knesseth, pour des paroles fortes, mais qui n’étaient pas rejetées.

C’est la première conférence interparlementaire mondiale contre la peine de mort, co-présidée par le Parlement européen, à Strasbourg.

Ce sont ces « enfants des rues », comme on les appelle en Afrique, chiens perdus sans colliers de la misère, que j’étais allée rencontrer à Ouagadougou.

Ce sont les interventions solennelles devant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, à l’ouverture de chacun des sommets européens, et notamment à Lisbonne en 2000, pour que la compétition économique ne se développe pas en sacrifiant les hommes, ce qui m’avait valu d’être traitée de « soixante-huitarde attardée » par certains journaux britanniques.

C’est le privilège de fonction de signer à Nice, en décembre 2001, la charte des droits fondamentaux de tous les citoyens de l’Union européenne, dont le Parlement avait été l’initiateur.

Ces souvenirs-là pourraient s’égrener longtemps. Ils illustrent ce que je garde au cœur de plus précieux de ma présidence du Parlement européen, à laquelle je souhaitais donner un sens allant au-delà de notre rôle de législateur d’un continent pour un demi-milliard d’hommes et de femmes ».

Telle est l’Europe que j’ai aimée, et en laquelle je crois. »


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